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Tout commence avec un guide intitulé "Votre enfant et le téléphone mobile". A l'intérieur, un article "Pour que mobile rime avec citoyenneté et responsabilité" illustré par une Marianne un peu particulière : yeux bandés, slip par dessus le pantalon, drapeau français fièrement porté sur la poitrine, aucun doute : c'est bien Super-Marianne !
Elle trône là, désinvolte comme si la notion de responsabilité qu'elle défend devait être naturellement associée aux super-héros. Mais comment ce mythe jusqu'ici exclusivement américain, ignoré voir honnis par le vieux continent, a-t-il pu s'imposer à l'esprit de cette illustratrice - Séverine Assous - comme le symbole d'un monde citoyen et responsable ? Pourquoi ne pas en être resté à une Marianne "normale" ?
Dans la BD "U.S.", Steve Darnall et Alex Ross destituaient les symboles nationaux comme Uncle SAM en présentant leurs valeurs comme rétrogrades et dépassées. En parallèle de ce constat d'échec, Alex Ross imposait dans le reste de son oeuvre (Kingdom Come et tant d'autres) sa vision des super-héros comme nouvelles références iconiques.
Ainsi, les super-héros ne seraient pas seulement là pour combler l'absence d'histoires mythiques de l'Amérique coloniale, mais aussi pour remplacer dans le coeur des gens ces vieillissantes icônes nationales, à la manière de cette Marianne devenue super-héroïne. Un besoin qui lui n'est pas spécifiquement américain, et qui pourrait expliquer la facilité avec laquelle les hommes en collants sont en passe de s'imposer dans l'inconscient français. |